#WLIC2016, du côté des francophones

L’IFLA compte 7 langues officielles. Outre l’anglais, qui est la langue de travail réelle, les langues reconnues sont l’allemand, l’espagnol, le russe, l’arabe, le chinois, et bien sûr le français. Comme on peut s’en douter, les associations professionnelles francophones sont particulièrement sensibles à la place de cette dernière langue au sein de l’IFLA.

Comme j’ai eu l’occasion d’assister à la fois au caucus francophone du congrès WLIC et à l’assemblée générale de l’AIFBD, je traiterai de ces deux réunions dans le billet ci-dessous. Si vous y étiez, n’hésitez évidemment pas à me signaler tout oubli ou erreur notable.

Jour 0 : caucus francophone

Les caucus réunissent traditionnellement les bibliothécaires de différentes zones géographiques la veille de la session d’ouverture officielle du congrès. La francophonie dispose également d’une telle réunion, à laquelle participent des bibliothécaires de tous les continents. Les intervenants y présentent l’activité des diverses organisations francophones au cours de l’année écoulée.

Comité français international bibliothèques et documentation

On débute avec Franck Hurinville qui a animé le caucus cette année, avec pour principal message le besoin de défendre la place de notre langue au congrès. Ceci passe par des interventions en français à la conférence quand une traduction simultanée est disponible. Dans les faits, tous les francophones que j’ai vus s’exprimer en-dehors du caucus l’ont fait dans la langue de Shakespeare, avec plus ou moins de succès.

Il présente également les bourses du CFIBD : une vingtaine de boursiers sont présents à Columbus avec le soutien du comité, dont trois conjointement avec Bibliothèques sans frontières. Une partie des bourses est réservée aux bibliothécaires de France, et la majorité aux bibliothécaires des autres pays francophones.

Association internationale francophone des bibliothécaires et documentalistes

Marwa El Sahn présente les projets et activités de l’AIFBD. Comme elles ont également été évoquées dans le cadre de l’assemblée générale de l’association, j’ai réuni ces informations plus bas.

Centre linguistique francophone de l’IFLA à Dakar

Mandiaye Ndiaye présente ce centre, qui a pour objectif de servir de relai au marketing de l’IFLA dans la région, et de soutien au multilinguisme au sein de l’association. Parmi les activités notables, on trouve par exemple la présentation d’une résolution sur le multilinguisme, et la traduction française de plusieurs documents de l’organisation (notamment sur le droit à l’oubli et le droit de prêt public).

IFLA governing board

Viviana Quiñones et Gloria Pérez Salmerón (présidente élue) présentent les activités du governing board relatives à la francophonie. Un point est fait sur le programme stratégique ALP (Action for Development through Libraries Programme) visant à développer l’accès à l’information dans les pays en développement. Le comité espère par ailleurs un nouveau site en 2017 et un travail sur le multilinguisme.

Réseau francophone numérique

Isabelle Nyffenegger, déléguée (franco-suisse!) aux relations internationales à la BnF, présente la Bibliothèque numérique francophone. Ce projet du Réseau francophone numérique consiste à mettre en valeur sur une plateforme commune les collections numériques des bibliothèques nationales francophones. Cette bibliothèque numérique devrait être mise en ligne avant la fin de l’année 2016 (octobre ou novembre).

Jour 4 : assemblée générale de l’AIFBD

L’assemblée générale de l’Association internationale francophone des bibliothécaires et documentalistes s’est tenue le mercredi 17 août en début de soirée, juste après celle de l’IFLA. Nous avons été hébergés par la State Library of Ohio, dont le bâtiment accueille également la Kent School of Library and Information Science, et l’AG a réuni une trentaine de participants.

Après les remerciements et informations d’usage de nos hôtes, Marwa El Sahn, présidente ad interim de l’AIFBD, commence par rendre hommage à Danielle Mincio, et une minute de silence lui est dédiée, comme au caucus francophone. Son décès semble avoir profondément affecté le comité, qui s’était réuni en urgence à Genève le jour de son décès.

Un congrès en Suisse en 2017

Le congrès de l’AIFBD se tient tous les trois ans (Montréal 2008, Martinique 2011, Limoges 2014). Danielle Mincio souhaitait en tenir un en Suisse, et c’est en sa mémoire que la présidente explique vouloir organiser le prochain à Sierre (Valais). Danielle faisait également partie du comité PaC (préservation et conservation) de l’IFLA, et une coopération pour faire de l’événement un satellite meeting du congrès WLIC de Wroclaw est déjà en discussion.

Evidemment, c’est un sujet qui soulève le débat : l’IFLA étant plurilingue, un satellite meeting ne peut pas refuser des interventions dans une autre langue que le français. A l’inverse, l’AIFBD étant dédié à la francophonie, il faut trouver un terrain d’entente pragmatique qui ménage les différents objectifs et sensibilités.

Après discussion, le consensus au sein de l’association se fait sur un objectif de 80% d’interventions en français, et sur l’exigence de présenter des diapositives dans cette langue ainsi qu’une traduction simultanée pour les autres interventions. Les discussions se poursuivront avec le comité PaC.

Projets et soutiens

L’AIFBD soutient l’école d’été internationale francophone en sciences de l’information. Celle-ci est organisée chaque année sur un thème précis par l’une des écoles francophones spécialisées dans le domaine (EBAD Dakar en 2016, Enssib Lyon en 2015, EBSI Montréal, HEG Genève). De nouvelles écoles pourraient rejoindre l’organisation à l’avenir. Des bourses sont attribuées à des participants par l’AIFBD.

Outre la recherche de financements, l’AIFBD a également besoin d’un plus grand investissement de ses membres. C’est dans ce but qu’est proposée la création de quelques groupes de travail permanents. Les thèmes précis seront discutés et décidés au cours de l’année, mais quelques pistes sont déjà évoquées, telles que la préservation du patrimoine francophone, la visibilité de l’innovation et des publications francophones, etc.

Dans les divers, on notera enfin le nouveau site de l’AIFBD, et le déménagement administratif de l’association, qui est désormais domiciliée à l’Enssib de Lyon.


Source de la carte de la francophonie: https://commons.wikimedia.org/wiki/File:New-Map-Francophone_World.PNG

 

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